Double concert exceptionnel : nouvelle consécration de la légende

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La fin du mois de janvier 2026 restera marquée par le double concert live donné à l’Institut Français par l’une des figures les plus emblématiques de la musique gabonaise : Pierre AKENDENGUE.

Dans la soirée du vendredi 30 janvier, la grande salle de spectacle, sublimée par un nouveau décor et des sièges flambant neufs, a accueilli un parterre de personnalités. Parmi celles-ci figuraient de nombreux ministres, notamment celui de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, Paul Ulrich KESSANY ; celui de la justice, garde des sceaux, Augustin EMANE, etc. ; le Président de l’Assemblée Nationale, Régis ONANGA NDIAYE. On notait également la présence de l’Ambassadeur de France au Gabon, Fabrice MAURIÈS ; le Directeur délégué de l’Institut Français Cédric TAURISSON ; ainsi que les acteurs du monde culturel et les proches du chanteur, tant sa famille artistique — Hilarion NGUEMA, Claude DAMAS, entre autres — que sa famille biologique. Aux côtés de ces invités de marque, un public de passionnés pour la plupart, venu en nombre, faisait vibrer la salle d’un enthousiasme palpable, mêlé d’une impatience fébrile à l’approche du lever de rideau.

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« La musique est une école de conscience »

La soirée s’est ouverte sur l’allocution de circonstance de Monsieur l’Ambassadeur de France. Son Excellence a salué avec force le monument de la musique africaine, maintes fois distingué, qui n’a de cesse de puiser dans les traditions culturelles locales tout en explorant inlassablement l’universalité de la musique comme langage commun des peuples. Le diplomate français a en effet honoré l’héritage vivant d’un pionnier dont la profondeur de l’œuvre s’illustre notamment à travers le projet exceptionnel « Lambarena » où le chanteur-compositeur fait dialoguer musique classique et folklore gabonais.  

A la suite de Monsieur l’Ambassadeur, le Directeur délégué de l’Institut Français, a à son tour rendu hommage à l’icône nationale qui « tout au long de [sa] carrière a fait de la musique un langage de vérité, de liberté et de conscience ». En instituant un dialogue avec le monde et en transcendant les frontières générationnelles, la musique de Pierre AKENDENGUE remplit dans le même temps de multiples fonctions : divertir, interroger, éclairer et élever les consciences. Le Directeur a conclu son propos par un chaleureux : « Merci, Maestro, place à la musique ! ».

Quelques instants plus tard, une silhouette imposante se dessine sur la scène plongée dans la pénombre. Pierre AKENDENGUE fait son apparition sous les ovations ininterrompues d’un public conquis. S’ouvre alors son univers musical où il demeure, malgré le poids des années, le phare infatigable d’une histoire d’humanité et de générosité.

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Fait remarquable cette année : l’auteur-compositeur a choisi de retracer son parcours musical et artistique, en mettant à l’honneur celles et ceux qui ont façonné sa carrière et contribué à la construction de son identité musicale. Des inspirations de Caca Boutou Pèmo, dont il reprend le chant « Ghalo ghalo », interprété pour la première fois au Conservatoire de Mireille, en passant par la toute première chanson écrite en classe de 5e par son ami de longue date Hilarion NGUEMA (« Telegrama »), jusqu’aux titres composés pour son frère et complice Claude DAMAS, l’artiste a revisité les jalons fondateurs de son itinéraire. Fidèle à son esprit de partage, Pierre AKENDENGUE a invité tour à tour ces deux compagnons à le rejoindre sur scène pour interpréter respectivement les titres « Telegrama » et « Tonda salé ». Il a également évoqué les labels SONEPRAN et ROMEPA, et les plumes qui ont signé certains de ses textes, à l’instar de Pierre Edgar MOUNDJEGOU, les artistes qu’il a produits — AZIZ’INANGA, feu Julien NZIENGUI MOUELE, entre autres — ainsi que ceux qu’il a formés, à l’image d’Annie-Flore BATCHIELLILYS. L’auteur-interprète a électrisé la salle en reprenant les grands classiques (« Aux dieux de ce monde », « Nandipo », « Azeva », « Libérée la liberté », …) et en dévoilant des titres inédits, parmi lesquels « Evanda zi la Lopé » et « Les uns mais pas les autres ». Le premier morceau célèbre la nature à travers le parc éponyme ; le second, résolument engagé, dénonce avec une subtilité et une pointe d’ironie les dérives d’une société moderne qui glorifie l’élite économique, la bourgeoisie et les appartenances identitaires, au mépris de la souffrance du peuple.

Salle de spectacle Pierre AKENDENGUE : hommage à une figure emblématique

À l’issue du concert, le Directeur délégué de l’Institut français a annoncé que la salle de spectacle serait désormais baptisée du nom de Pierre AKENDENGUE, avant de prononcer quelques mots de circonstance pour saluer l’événement. Au nom de l’ensemble de son équipe, le directeur a exprimé sa profonde gratitude à l’artiste pour son engagement constant en faveur de la dignité humaine, de la mémoire collective et du sens des responsabilités face aux défis de son époque. Son apport est tel qu’il a tracé la voie, inspiré toute une génération d’artistes et contribué à porter la voix de l’Afrique sur les scènes du monde, avec exigence, authenticité et humanité. Baptiser cette salle au nom de Pierre AKENDENGUE traduit la volonté d’inscrire durablement son héritage au cœur de cet espace de rencontres, et de faire rayonner les valeurs qui traversent son œuvre : liberté d’expression, créativité, transmission et ouverture au monde. « Monsieur AKENDENGUE, a-t-il conclu, en donnant votre nom à cette salle, nous rendons hommage à une œuvre vivante, à un parcours exemplaire et à une voix qui continue d’éclairer notre présent. Que ce lieu résonne, longtemps encore, de l’esprit de création et de conscience que vous incarnez ! ». Sous les applaudissements et les acclamations du public, le Ministre de la culture et le Directeur ont procédé au dévoilement de la plaque d’inauguration sur scène.

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La poursuite du marathon musical

Dans la soirée du samedi 31 janvier, le Directeur de l’Institut a exprimé tout l’honneur et le plaisir de recevoir le public dans la salle nouvellement baptisée du nom de Pierre AKENDENGUE. Comme la veille, le public avait répondu présent pour partager un moment de communion avec l’auteur-compositeur. Avant de laisser place à l’artiste, le Directeur a tenu à remercier les équipes de RFI présentes pour enregistrer le concert du samedi dans la perspective d’une diffusion ultérieure sur leurs antennes.

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En ouverture du second concert, le public a été emporté par l’interprétation originale de la chanson « La voix d’AKENDENGUE » de Claude NOUGAROU par Jean Jacques MAYI. Ce dernier a ensuite gratifié la salle de son texte « Lettre A… », dans lequel il témoigne sa reconnaissance infinie envers Pierre AKENDENGUE pour sa production musicale et sa capacité à inspirer les nouvelles générations. Pendant près de trois heures, le musicien a une fois de plus emporté ses fans dans son univers musical, mêlant mélodies d’inspiration traditionnelle (« Viyo », « Awirondjogo », « Ntché ngani », etc.) et chansons à textes  telles que « Piroguier » ou « Afrika Obota ». Parmi les temps forts du concert, l’interprétation de la chanson « Eau Claire » par son fidèle compagnon Marcel DJABIOH restera sans doute gravée dans les mémoires, tant les paroles et la profondeur de sa voix grave ont suspendu le temps et captivé la salle.

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Attaché à sa volonté de saluer celles et ceux qui ont jalonné son parcours, il a rendu un vibrant hommage à ses frères Michel ESSONGUE et Richard ONOUVIET, les remerciant pour leur soutien indéfectible. Dans cette dynamique, il a convié Michel NDAOT à déclamer le vaste et bouleversant poème « La prière de Ronombo », signé par Michel ESSONGUE.

Conquis par la prestation et la performance du musicien, le public a une fois encore partagé cette année un moment d’exception aux côtés de Pierre AKENDENGUE.

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