Catalogue des albums / singles

ekunda-sah

Ekunda-Sah

AnnéeTitre de l’album 
1972Ghalo Ghalo
1974Nkéré
1974Nandipo
1975Likwala
1976Afrika Obota
1976Ndandaye
1977Ewawa
1978Olando
1978Eseringila
1978Afrika Salalo
1979Elowè
1979Owèndè
1980Mengo
    –Ndjuke
1981Isamu y’apili
1982Awana w’Afrika
1983Mando
1984Réveil de l’Afrique
1986Sarraounia
1986Piroguier
1986Ka’ bo
1987Passé composé
1988Espoir à Soweto
1989Quête de la liberté
1990Silence
1993Lambarena Bach to Africa
1995Maladalité
1996Carrefour Rio
2000Obakadences
2004Ekunda-Sah
2005Mandji 2005
2006Gorée
2008Vérités d’Afrique
2010Mondjo
2010Mandji Ebwé
2011Dyawo
2013Destinée
2016Libérée la liberté
2017Gabon, éveil de la conscience patriotique
2018Gabon libéré
2018La couleur de l’Afrique

1. Embarra

1/ Mye my’amie dyo Beau-pays-bo
no ntye y’awena mye
Bambia pe ngalo yo w’aveme
Beau-pays-bo un pays
Un pays, une vie qui n’est pas mais qui a un passé

Refrain :
On enterra ça avec ce temps là
Oui mais nous voilà dans l’embarras
Aïe y’aï aïe

2/ Beau-pays-bo ya y’ayano mie pepa g’og’azile
g’oyavi w’ikondo ABC e tendo

Beau-pays-bo en ce temps là pas besoin de papier,
Une feuille de bananier on écrivait

Refrain :
On enterra ça avec ce temps là
Oui mais nous voilà dans l’embarras
Aïe y’aï aïe

3/ Beau-pays-bo en ce temps là, n’était pas, oh !
pas encore
Ce néo-continent qu’est la pauvreté

Awe ye bambia, n’awe yi mpaga mpolo
Otele n’ogoli n’ate koko ntye

Refrain :
On enterrerait ça bien ce temps là
Oui mais nous voilà dans l’embarras
Aïe y’aï aïe

4/ Un jour la rue des pauvres croisera vos exclus,
Porte-manteaux de la misère, damnés de la terre :
Juste colère !
Alors la loi des uns niant les droits des autres,
La liberté en blindé va encore tirer,
Toujours tirer, le geste qui tue tant d’innocents

Refrain :
On enterrera avec ce temps là
Oui mais vous serez dans l’embarras
Aïe y’aïe aïe

Construite sur un style mêlant des musiques d’inspiration africaines et latino-américaines, la chanson « Embarras » est composée de paroles en français et en myéné. Sur un rythme de salsa, le soliste se livre à une évocation mélancolique de l’Afrique des temps anciens dépeinte comme un paradis terrestre : « Beau pays bo en ce temps-là, n’était pas, oh ! / pas encore / ce néo-continent qu’est la pauvreté » . Mais la modernité, le matérialisme et l’oppression viennent perturber l’équilibre de ce « Beau pays», avec l’apparition de la pauvreté. Cette ode à l’Afrique se transforme alors en un chant incitant les pauvres à lutter pour leur dignité et leur liberté, tout en dénonçant « l’embarras » né de la perte des valeurs traditionnelles.

2. Imèna

Imema, imenga, ikowiagowio
Itonda, itondo, tondo poso !

Refrain :
Ndo imena we, imena we
Ongwe imena we …

N’ompiza oma ko ke dyuwogoli g’iga – woge
Idyivira n’idyena, oling’isindina oh ! ndo dwan’imena

Pont :
Oh ! Oh ! oh ! Dwan’imena

Sego-sego, emen’ezonge g’ate pund’ombengo
Sego-sego ! antyoni mo via dyo amani ke, amáni ! …
Emeno ngore !

Imena, s’ameni mye n’awe
Ngwe mo okili, inyumba nkengo … oh ! Oh ! oh !

My’alowig’igumu dudu go re we
Ndo yogo nono ne vo wa kenda !

Awe ye kenda w’aze n’anandi ! ibanga wo !
Ndo mye ye deka evor’evolo
Mye re dena mye dyemb’isami imena !
Mye re dyemba mye dena nenge, anka dolo !
A ndegw’a mye
A now ng’iyami
Evowa we

1/ Babillages, câlineries, caresses
Amour, être aimé, ah ! surtout l’être aimé

Refrain : Mais autre chose est l’attachement.

2/ L’insupportable peine peut inciter à aller se
pendre dans la forêt aux fauves : on ne peut qu’être
convaincu dès que l’on a soi-même vu ; oui on ne
résiste pas aux assauts du temps qui passe qu’à force
de patience ; mais l’attachement est liberté de choi-
sir, de demeurer.

3/ Vite, va la vie comme va le soleil à son déclin
vers le crépuscule ;
Vite, vide, tu as beau te vider de toutes les larmes
de ton corps, mais quand c’est fini c’est fini – la vie
est une toupie.

4/ L’attachement que j’éprouve pour toi ;
Issu de la même mère est un chemin ensemble
emprunté ;
Le sentiment d’appartenance à une même famille
est tendresse réciproque.

Refrain : Mais autre chose est l’attachement

Je t’avais accordé toute ma confiance mais voilà
Que tu t’en vas à présent !
Toi qui t’en vas, tu n’as pas de chagrin ! Adieu !
Point de chagrin !
Mais moi qui reste, c’est une blessure incurable …
Je ne pleure pas, je ne fais que chanter mon atta-
chement pour toi.
Je ne chante pas, je pleure la solitude dans l’île.
La nostalgie.

Fredonné par un chœur avec des rythmes réguliers, le mot « Imèna » signifie attachement. Le chanteur propose ici un texte poétique au ton partagé entre confession et avertissement sur la douleur liée à la perte de l’être aimé. Il précise ainsi que le « sentiment d’appartenance à une même famille », celle de l’humanité, génère des sentiments d’affection durables allant de l’amitié à l’amour voire à la passion amoureuse. Il révèle par ailleurs que ces liens intimes et cette tendresse dégénèrent au moment de la rupture ou de la séparation. Dès lors, le chant apparaît comme un exutoire pour crier ce chagrin et témoigner de cet attachement : « Mais moi qui reste /[…] Je ne chante pas, je pleure la solitude dans l’île. »

 

3. La Pauvreté

Humm…

1/ A toi qui as

Refrain : A toi qui as …

Le peu qui est
Donne donne ce que tu peux
Dieu donné, a donné
Dieu avec toi ô ami
Mais bon Dieu pas pour toi
Ger’omedu nw’izenge
Yeno re yeno re
Rer’anyambye re tonda nè
We kenda gogo lugulugu
Na s’aveni ye we go ntye
Ge s’ayufo we go ntye
Aaaa !!! …

Ah si tu as
Le peu qui est
Ecoute ton pays,
Ce que dit ton pays :
Vous marchez ensemble
Par 2, par 3, par 10, par 100 voire par milliers !
Vous nés égaux, mais rendus inégaux :
Vendus au marché ; pas au même prix ;

Lui en chien de vie, toi en train de vie ;
La vie en lambeau par tous petits bouts,
En dessous du seuil de pauvreté
La pau la pau la pauvreté n’a pas de peau,
La peau la peau la peau du pauvre est sous ta
peau …

2/ Hummm …
A toi qui as
Le trop qui est
Faut donner, faut donner !
Dieu donné, à toi donné
Demi-dieu t’es qu’un faux dieu
Le vrai Dieu est en soi
Ger’omedu nw’izenge
W’alewana, w’alewana
Rer’anyambye re tonda ne
We kenda gogo mbiengembienge
Na s’aveni ye we go nyte
Ge s’afuyo we go ntye
Aaaaah !!! …
Ah si tu as
Le trop qui est
Ecoute ton pays,
Ecoute écoute ce qu’il dit :
Vous chantez ensemble la même chanson !
Fraternité voire Liberté
Vous êtes nés égaux, mais rendus inégaux
Devant le drapeau pas le même amour
Il a beau travaillé n’achète que pauvreté

Aides humanitaires, rachetez la pauvreté
Et à si bon marché puisque dévaluée
La pau la pau la pauvreté n’a pas de peau
La peau la peau la peau du pauvre est sous ta peau

3/ Hummm …

Récitation
L’individu dans la pauvreté se sert de la Famille
La famille dans la pauvreté se sert de l’Etat
L’Etat dans la pauvreté se sert de la communauté
La communauté dans la pauvreté s’endette
La dette est aliment de la pauvreté
Chœurs : Dette est l’aide, dette est laide …
Corruption, corruption

Mais où est donc le minimum de prospérité pour
chaque être humain sur cette terre ?

Alors toi qui as
Le trop qui est
C’est immoral, amoral !
Faut donner, faut donner
Le trop qui est
Qui est guère après guerre
La dette est illégale
La pauvreté inégale
Seule la paix est égalité et légalité
Devant Dieu et devant les hommes
La paix sur notre terre et dans nos cœurs !
La paix
Faut donner ! faut donner !
Il y a tout, il n’a rien !
Il y a tout, elle n’a rien !
Faut donner ! faut donner !

Dans ce titre sans ambiguïté, « La pauvreté », le chanteur affiche son indignation face à l’individualisme qui paralyse la société moderne et creuse les inégalités. A travers une longue et répétitive supplication, les possédants sont invités à faire preuve de solidarité pour lutter contre le phénomène de la précarité : « Le peu qui est peu / Donne donne ce que tu peux/ Dieu donné, a donné ». Et pour éveiller la compassion et susciter la générosité envers ceux qui s’enfoncent sans cesse dans la pauvreté, le musicien a recours au tutoiement du destinataire : « A toi qui as / Le trop qui est / C’est immoral, amoral ! / Faut donner, faut donner ! ». Le chanteur exprime et partage sa souffrance tout en étant persuadé que cette misère n’est pas une fatalité ; aussi la chanson s’achève-t-elle sur un rêve de liberté, de paix et d’égalité réalisable grâce à l’altruisme.

4. Evangavanga

1/ Awe go ntyoni denga
Ko bambi’Evangavang’e pa, e pa o !
Awe g’ikeng’idenga
Ko bambi’Evangavang’e pa, e pa o !
Awe g’ozambo denga
Ko bambi’Evangavang’e pa, e pa o !

Refrain:
Aranga s’inwana we,
Aranga s’inwan’awe n’aye
Nyon’ezele – ezele

2/ Awe ye bute diana
Ko bambi’Evangavang’e pa, e pa o !
Awe pupa Ni diomba
Ko bambi’Evangavang’e pa, e pa o !
Awe g’akak’itembo
Ko bambi’Evangavang’e pa, e pa o !

Refrain:
Aranga s’inwana we,
Aranga s’inwan’awe n’aye
Nyon’ezele – ezele
3/ Epa, e pa we ze po ye no ze po n’orem’iwo me!
Kw’e pa, e pa we ze po ye no ze po n’orem’iwo me
ngwe?
Ezele, ezele, ezele! …

1/ Demande au Créateur et Il te donnera :
Ambition de parvenir, éthique dans l’abondance, la
richesse.

Refrain :
Non, pas une dette de ta part envers Lui
Non pas une dette
Non, non, non

2/ Demande au Créateur et Il te donnera :
Progéniture, bonheur dans le mariage
En plein carrefour comment trouver le chemin ?

Refrain :
Non, pas une dette de ta part envers Lui
Non pas une dette
Non, non, non

3/ Il donne, et ce qu’Il donne est désir profond
de ton cœur
Mais est-ce qu’Il te donne tout désir profond
de ton cœur ?
Non, non, non !

Le titre « Evangavanga» permet au chanteur de psalmodier, sur trois strophes, une variante du verset 4 du Psaume 20 : « Demande au Créateur et Il te donnera ». Le poète nous rappelle ainsi un fait essentiel : durant la pratique de l’expérience spirituelle, de l’exercice de la foi, Dieu se fait confident de nos désirs cachés, se met à l’écoute de nos prières et les réalise. Cette chanson prend néanmoins la forme d’un avertissement dont le but est de sensibiliser l’homme sur les dangers de s’attacher à ce que le Créateur donne gratuitement (richesse, progéniture, bonheur). Il souligne enfin que, malgré la dévotion dont on peut faire preuve, Dieu n’accomplit pas toujours « tout désir profond » de l’homme.

5. La Colombe

La colombe terrassera le faucon
Ntyé vó, ntyé vó, ntyé vó
Nkèma kè vó
Nkèma vó, Nkèma vó, Nkèma vó
Abundjè kè vó
Avec ou sans boucliers humains… les humains

Mw’africain epila Occident
Alandalanda proche Orient
La foi en bouclier face aux bombardiers
Bon Dieu !
Ogoni e gnezo e dyondj’oma vye !
Kawo, femmes, enfants, vieillards

Bon Dieu, Bon Dieu Tu existes là-haut
Ntyé vó, ntyé vó, ntyé vó
Nkèma kè vó
Ntyé vó, ntyé vó, ntyé vó
Abundjè kè vó

Musées pillés, cimetières improvisés
Comment rallier l’Occident
avec droit de retour au proche orient
La foi en bouclier face aux bombardiers
Le feu ! boire du feu, manger du feu
Des dieux du feu
Comment faire la paix en faisant la guerre ?
Un jour la colombe terrassera le faucon
Bon Dieu, Bon Dieu Tu es juste là-haut
Ntyé vó, ntyé vó, ntyé vó
Nkèma kè vó
Ntyé vó, ntyé vó, ntyé vó
Abundjè kè vó

Voilà qu’un Africain revient de l’Occident

La colombe terrassera le faucon
Et malgré ce séisme … calme plat à l’ouest comme à l’est
Avec ou sans boucliers humains
En traversant le proche Orient
La foi en bouclier face aux bombardiers
Bon Dieu !
Ogoni e gnezo e djond’oma vie !
Peut-on faire manger et boire du feu à un être humain ?
Nkèma nkèma kè vó
Abundjè kè vó
Silence à l’ouest, silence à l’est
Nkèma nkèma Abundjè kè vó
Silence, silence, silence, silence

Le texte « La Colombe » s’ouvre sur une allégorie à valeur prédictive : « La colombe terrassera le faucon ». A travers cette métaphore animalière, le chanteur engage une réflexion sur les conséquences de la guerre, particulièrement le chaos social, la destruction des biens culturels et, surtout, le massacre d’innocents souvent utilisés comme des « boucliers humains ». La dimension tragique et pathétique est par ailleurs accentuée par les lamentations du chœur le long du chant. Et derrière ce procédé stylistique se dégage la vision du monde du chanteur, celle d’ériger la Foi en bouclier pour raviver l’espoir de voir bientôt la chute des belliqueux et des puissants, polarisés autour de l’image du faucon, au profit de la paix et de la liberté symbolisées par la colombe.

6. Ekunda

Ga rigore ma veyi
Ma veyi mye m’amie mo
Veyi no mamona
Aranga mi diawo, diawo no Nandipo
My’oma wi Nandi
Ranga ne ntye mbia
Ranga ne ntye mbe
Ndo tata ni mam’iyami

Ntanga ntanga ntanga ntanga o (x 2)
Wawo ne my’agekiz’igomi
Iyana ny’Eliwa (x 2)

Ga rigore ma veyi
Ma veyi m’amie mo
Veyi no mamona
Aranga mi diawo
Ideka si nyuma! Dyo w’aze n’iyumbuno …
Ranga ne ntye mbe
Ranga ne ntye mbia
Ndo awam’awamiye

Ntanga ntanga ntanga ntanga o (x 2)
Ndo zw’agekiz’igomi
Zw’iyana ny’Eliwa (x 2)
Iyana ny’Otambo ngwe !

Tu verras qu’à Nandipo
Un mince lido, nous sépare de la mer
Un mince lit d’eau, de sable un peu
Mais peu c’est pas rien ;
Même si c’est un peu …
Qui peut le peu, peut le mieux
S’il le veut, enfin, s’il le veut bien !
Même moins nanti tu peux …
Iyana ny’Eliwa (x 2)
Iyana ny’Otambo

Etimbwe-Nkombe e tong’ombanda ne :
Iyana ny’Otambo ngwe

Refrain : Iyana ny’Otambo ngwe

Ideka si nyuma ngwe
Menga vo w’a kenda ngwe
Menga vo w’a kenda nd’alewanar’ogumu

Refrain : Ngwe ngwe zwe re go nengabembe

Ghe-ghe-ghe-ghe!

Refrain : Ghe-ghe-ghe-ghe!
Alwani wazo g’Elonga
Laginani wawo

Got’omwana gota, iya!
A mama, a mama iya!
Got’omwana gota, iya!
Arang’ogóyi, gota iya!
Ghe ghe ghe ghe ..

Mama ngwe a kenda!
Ngoze ya dewo
Ndonga wa kamba
Inkwane s’a kamba
Tava vó ya kogwa
Awana wa dwana
Ghe ghe ghe ghe ..

Pon’incho go gnuma
Mend’ebonga awana
Awana wa dek’ignanuna
Obot’ongani etów’oma ignagi
Rèri ngani etów’oma ekela
Ntchanga vó ya sumi
Laginani wawo
Ghe ghe ghe ghe ..

(S’ensuit le cérémonial autour du décès.)
A: Ntchango no yinó
Igende no gnino
B: Ebongo no zinó
A: Antchoni no monó
Lembo no yonó
Guwa no yinó
Ikandè no yinó

Aluwani wazo g’elonga
Ghe ghe ghe ghe ..

Modorove ya la la
A luwani g’elonga
Ghe ghe ghe ….

Ossirgomba ossi …

Refrain : Mikodi bwa zondo-zondo

Ntcho za djokwa! izami mè!
Eboko z’ami z’ilonda,

Refrain: A he- he- he
Ze seva na mie ntawanga malula

Laissons de côté les choses du moment
Les choses du moment, je ne les connais pas
Ici ce sont les choses nouvelles
Ce ne sont pas les choses d’hier, hier c’était la vie à Nandipo
Je suis de Nandipo
C’est pas que c’est le meilleur pays
C’est pas que c’est le pire pays
Mais père et mere m’ont mis au défi
De savoir compter jusqu’à 10
Et ça pour tous les natifs de la lagune.

Pour nous qui sommes restés les derniers
Si tu n’as pas fait de reserves …
Mais, chers enfants,
Nous avons compté compté compté
Mais nous avons quand pu compter jusqu’à 10
Nous les natifs de la lagune, les natifs de la lagune
Nous les enfants d’Otambo (2 x)
Viola qu’ETIMBOUE-NKOMBE sonne la corne
à l’attention des enfants de la lagune Otambo
Ah le fait de rester dernier!

Pigeon vert, te viola parti
Mais n’oublie pas le ficus parasite
Car nous sommes toujours attachés à notre île Neng’abembe

(La danse se déploie alors dans toute sa splendeur
Face à face filles et garcons)
Et le meneur lance la danse en disant:
« Touche l’enfant, touche l’enfant, iya!
Touche l’enfant, touche l’enfant, iya! « 
Ah maman, ah maman iya!
 » Ce n’est pas une belle-mère, iya! « 
« Touche l’enfant, touche l’enfant, iya! « 
Ghe ghe ghe ghe ghe
Ghe ghe ghe ghe ghe ghe ghe iya!

Maman te violà partant
Alors se tient la veillée
Le chant du coq retentit
Les perdrix à leur tour se mettent à chanter
Et voilà qu’on sort les nattes
On fait asseoir les enfants
Ghe ghe ghe ghe ghe
Ghe ghe ghe ghe ghe ghe ghe iya!

Quand vous regardez derrière les enfants
Qui est-ce qui a la charge des orphelins?
Les enfants se retrouvent orphelins
La mère d’autrui traite l’orphelin de gourmand
Le père d’autrui trouve l’orphelin épuisant
Le drapeau est désormais en berne
Pitié! Pitié!
Ghe ghe ghe ….

(S’ensuit le cérémonial autour du décès.)

A: Voici la nouvelle
Voici le messager
B: Voici le fauteuil
A: Voici les larmes
Voici les bandeaux de deuil
Voici les brasses
Voici les culottes en signe de deuil
Nous pensons à ceux des nôtres partis dans l’au-delà
Ghe ghe ghe ghe …

Le meneur qui se remémore un episode de sa vie
Se remémore la petite pirogue qu’il avait empruntée
Ce petit sac
Le petit débarcadère
La petite forêt
Un arbre mort en travers du chemin
Isogozoga
Fibres rigides de raphia
La plaine à découvert
(Animation Ekunda)
Ma ceinture de perles
Au petit jour…

Classée dans la catégorie des chansons profanes, «Ekunda » est une danse directement inspirée du répertoire Myènè. Cette forme musicale traditionnelle débute d’abord sur un rythme très lent accompagné de la guitare dans un cadre où prédomine le chant apaisant des oiseaux. La chanson se déploie ensuite comme une pièce de théâtre composée d’une succession de tableaux allant de la description mélancolique de l’île natale du chanteur (« Nandipo ») au rappel de la coexistence entre les hommes et les génies tutélaires. S’ensuivent l’évocation de l’exode rural des jeunes et la narration de la mort d’une mère corrélée au rituel funèbre qui en découle. Puis la musique s’accélère avec l’intervention des instruments à percussion afin de dégager l’énergie pure et la vitalité profonde des jeunes gens qui l’exécutent durant les moments récréatifs. Enfin, cette longue chanson associée au langage de la passion amoureuse et de la vie, s’achève sur une mise en scène de jeunes filles exécutant des gestes suggestifs face aux jeunes hommes, encouragées par les voix des chœurs.

7. Du Bas D’en Haut

Ici-bas c’est pas comme Là-Haut,
Du bas d’en Haut
C’est pas, c’est pas ça
Toi et moi c’est pas vraiment ça
Mais moi sans toi … !

Refrain :
Aria kóndè n’aria arieni
Lunge mia ; o ! lunge mia

1/ Mi sowa, mi soza, mi sosa
Mi songa, mi songa, mi soka, mi sol’anka …

Refrain :
Aria konde n’aria arieni
Lunge mia ; oh ! lunge mia

2/ Mi saza, mi saka, mi sala
Mi sapa, mi saga, mi sanga, mi sami anka

3/ Mi sowa, mi soza, mi sosa
Mi songa, mi songa, mi soka, mi sol’anka …

Ref. :
N’aie pas peur parce qu’on dit que
Celui qui n’avait pas peur a fini par avoir peur
Mais sache d’abord pourquoi.

1/ Je suis contrarié, je monologue, je suis en quête de vérité,
Je poursuis, je poursuis l’idée,
Je crie, je me lamente à tue-tête tout seul.

2/ Je déplie, je découpe, je choisis,
Je choisis, je trie, je dépouille, moi tout seul.

3/ Je suis contrarié, je monologue, je suis en quête de vérité,
Je poursuis, je poursuis l’idée,
Je crie, je me lamente à tue-tête tout seul.

 

La chanson « Du bas d’en Haut » évoque la condition de l’Homme en quête de repères, de divinité ou de spiritualité. Ainsi, le premier paragraphe débute par une structure d’oppositions traduisant la dualité même du monde : ici vs là, bas vs Là Haut et moi vs Toi. Le chanteur débouche ensuite sur une description de la complexité de ce mouvement ascensionnel de l’homme vers la Vérité. Car tout au long de cette quête mystique, l’individu est souvent confronté à des situations rudes : il vacille, s’interroge, fait face à des dangers et à des influences nuisibles qui l’empêchent de réussir cette union spirituelle entre le monde d’en bas et l’univers d’en Haut.

8. Assikwee

Asikwee! Oka (bis)

1/ Asikwee (x 3)
Ga zaviano asikwee – oka!

Awe ye pila g’omand’omori
Yirar’intyango
Vo we abomwi g’igal’inyo – Oka!

Awe ne gogo mpiri n’inanga
Oman’okuwa re dienana – oka!

Awe ne gogo mpiri n’inanga
Kw’awe dyene tata ni mama – oka!

Refrain :
Nd’oyembo we dyembo we
We minya sani vie :
Iyano ny’alwan’orendo …
Asikwee ! Oka !

2/ Awe ne gogo ife, ife !
Samb’ogoni n’evonge we – Oka !

Awe ne gog’e nyo nte nyo gunu
Sambo egombe lege indyewe ilond’ilonga
Ali sawo – Oka !

3/ Awe ne gogo e dyandyo nte dyandyo gunu
omedu e twan’irongo ye – Oka!

Awe ne gogo eboro nte boro gunu,
Omedu e nkembo ye – Oka!

Awe ne gogo e tondo nte tondo gunu,
Omedu soke-soke n’irond’inye – Oka !

Pont:
Ndo peke-peke azele go ntye
Omagomedu n’wi zenge

4/ Kw’onyamb’e kambin’Anyambye ?
Kw’ Anyambye e tond’Inyambe ?

V’itonda n’igamb’ilonga,
Idyuwa se bia go songa …

Nd’awe vinyarare renda mye mpemba
Mye n’awe idyuw’imo – Oka !

Pont:
Ndo peke-peke azele go ntye
Omagomedu n’wi zenge

Refrain:
Nd’oyembo we dyembo we
We minya sani vie?
Iyano ny’alwan’orendo …
Asikwee! Oka?

Nd’oyembo we minya sani vie?
G’along’awe nyembi y’akeng’ampolo :
Mbia n’igewa ! w’ateni nyembi y’ebongo ! ekewa we !
Sambo dyano n’oma egome !
Dadie dyano ke anka, ndyuke … !

Saluons-nous !

1/ Toi qui reviens de l’au-delà donnes-nous les nou-
velles de là-bas puisque te revoilà parmi nous dans
la cour de ton village
Tu dis que là-bas c’est le clair-obscur au point que
l’on ne distingue la pilosité
Tu dis que là-bas c’est le clair-obscur : est-ce que
tu y aperçois malgré tout père et mère ?

Refrain : Mais dis-moi que signifie la chanson que
tu chantes et qui dit en substance : ah ! si la parenté
n’était qu’une simple ligne d’écriture … !?

2/ Tu dis que là-bas, il fait froid, très froid : c’est
pourquoi il faut vous allumer fréquemment le feu.
Tu dis que là-bas l’on mange tout autant qu’ici :
C’est pourquoi il faut vous faire les offrandes sai-
sonnières : bananes, premiers fruits et liqueurs.

3/ Tu dis que là-bas l’on travaille tout autant qu’ici ;
mais chacun doit apporter avec lui ses outils
Tu dis que là-bas l’on se sape comme ici : mais à
chacun d’apporter sa garde-robe.
Tu dis que là-bas l’on est amoureux tout autant
qu’ici ; ainsi à chacun sa chacune

Pont : Et tu ajoutes éternel n’est pas de ce monde
Tout être humain est poussière

4/ Est-ce que les esprits des morts prient-ils Dieu ?
Est-ce que Dieu aime-t-il les esprits des morts ?
L’amour dis-tu est la chose la plus importante de
l’existence, suit ensuite la mort.
Mais très cher avant de prendre congé enduis-moi
de Kaolin en signe de paix car toi et moi serons tou-
jours unis jusqu’à la mort.

5/ Mais que veut-elle donc dire ta chanson ?
Naguère tu étais chantre dans la cour des grands :
c’était beau à voir ! aujourd’hui te voilà grabataire ;
pitié !
Ainsi donc au sein de sa propre famille se trouve le
danger ;
Toutefois, être fils unique c’est aussi un malheur.

Le texte d’« Assikwee » résonne comme une conversation que le chanteur engage avec un Esprit de mort au milieu d’un auditoire. Dans ce récit chanté, l’âme de ce défunt revenu de l’autre monde répond aux questions que se posent les hommes sur terre et témoigne de la vie dans l’au-delà et des activités qui y sont rattachées. A cette révélation du fonctionnement de cet autre monde, il fournit quelques explications sur le symbolisme des éléments rituels utilisés lors du culte aux ancêtres : le feu, les offrandes saisonnières, les liqueurs, le kaolin. Enfin, en même temps qu’il rappelle le caractère éphémère de la vie, l’Esprit dénonce les effets pernicieux de la filiation ou de la parenté (la haine, la jalousie, etc.).

9. Ilombo

1/ Ah ! Saba ?
Sambo vo Ekunda
Ekunda olamba
Visa g’ikoko,
Izeva g’ilombo ! osi … !

Refrain : Ilo, ilo, ilo, ilombwe

2/ Ah! dy’aye wa
Ndo nome rela
Esakimia
E kelagela
A logwalogwa osi …!

3/ Ah! dy’aye wa
Ndo nyanto e dyemba
E minyaminya e tenyarenya
A mengamenga! Osi …!

4/ Oh! Ouwoh!
Gamb’ome peka
Ngunyemavela
E seviazevia
A vurebundu! Osi …!

Pont: osi (x 4) ngomba osi !

5/ Ah! dy’awe wa
Oh ! Ekunda
Esiliazilia
Epasavasa
Avene denge ! osi … !

Ad lib. : Ilombo aze bo
Saba? Saba?
Ilombo aze bo
Ntye mo! Ntye mo!
Iselele, ilolo g’ilombo!
Igewa, igewa, igewa g’ilombo
Wa tata we, wa mama we, wa kaka we g’ilombo!

1/ Ah! est-ce donc vrai ?
Bien vrai qu’Ekunda
Qu’Ekunda est une danse de réjouissances léguée
par les ancêtres Koko et Dienge qui se danse aussi
dans l’au-delà !

Refrain : Ilo, ilo, ilo, ilombwe

2/ Ah! soudain apparaît
Un galant jeune homme planant, dandinant sur
place, balayant du regard l’assemblée, et sautillant.

3/ Ah ! c’est au tour d’une ravissante jeune femme,
chantant, se tortillant, se coupant en 2, en 3 et fai-
sant la moue.

4/ Oh ! Ouwoh ! Et voilà qu’on s’envole moitié
homme, moitié oiseau, jouant des épaules et faisant
forces roulades et autres acrobaties.

Pont : osi (x 4) ngomba osi !

5/ Ah ! Quand tu entres dans la danse d’Ekunda, à
force de jeter çà et là le regard, d’interpeller,
tu finis par trouver l’oiseau rare.

Ad lib. : L’au-delà n’est pas loin, est-ce vrai ?
Bien vrai ? L’au-delà n’est pas loin, la même terre
sur cette même terre.
Cris de joie, cris de joie dans l’au-delà
Allégresse, allégresse, allégresse
Père, mère, grands-parents de l’au-delà.

Le titre « Ilombo » (en langue myènè, maison des morts ou la mort elle-même) contraste avec la musique de réjouissance de l’Ekunda. L’interprète met ici en place un espace unifié où se juxtaposent et se connectent le profane et le sacré, les vivants et les ancêtres, l’allégresse et la tristesse, car il est vrai que « L’au-delà n’est pas loin, la même terre / sur cette même terre ». Le musicien exalte alors la vie et chante l’amour. Aussi les jeunes femmes se livrent-elles, tout en finesse et en élégance, à des regards complices, à des gestes amoureux, pendant que les hommes s’ingénient en malices et en prouesses viriles pour séduire la fille de leur choix.

10. Movédi

1/ Igonga gne bèrio w’agali …
Oma mpiaganaga,
Ndo wong’ebongo …
oh ! mame – mame !
awe y’emama,
mamare kaw’imo me
wimbiareni Ntyenge
evolo re bimbia zi ngani;
aw’adion’irondo, awe te dione nkwane
o’revi we owanga no mende vie?
Oh! Movedi – oh movedi …!
Awe iso fa, awe isami de
Ah! waye, igamba re nye pon’oma!
Oh! Movedi – oh movedi

2/ Ah! om’e bongune ntende …!
ndo g’owaro w’akondo waye, w’aluwo vovo
N’omengo vende n’omori?
Mye? Mye papasu!
Awe? Aw’ate we ngonda-ngonda, Ekiti!
Ndo in’inyamy, ina batia!
Ntine re se?
Miar’inyo

3/ Mame-mame, my mam’imame
awe y’emama, mama re ke imome
nd’a re gawe go ntye mende vie?
dolo-dolo we kenda kawo dolo!
ndo kande-kande iniemba?
reti! anyambye bo, kuka n’iniemba
Oh! Mevedi – oh! movedi

4/ A movedi azue re vono go ntyoni denga
ye re rep’oma n’oma nwènè,
ye p’oma kawo n’orem’iwo me!
ntyoni denga

Refrain:
Mame-mame
My mam’imame

5/ Awe movedi isami de
awe movedi iso fa
Mie n’okolongo re koke nyoni mbela (bis)
W’awieni n’awe mpiaganaga
W’awieni n’awe nya nyagaga
Sambo waye waye immamy me re poniza we
Sambo waye waye isami se re poniza we

Ah! Dis-donc! Les mots te manquent
Et tu manques les mots, voilà tout dit,
Mais pas mauvais dit ! alors ?

A movedi-movedi
Vediare mye go neno, mene, re ntyugu mpolo,
Ntyugu mpolo y’agambo no nkema
Kawo w’adyongine Ntyenge …

1/ Movedi! commence donc à te respecter en respec-
tant Ntyenge ta terre car autrui ne saurait mieux que toi-
même l’estimer à sa juste valeur.
Voilà que tu as tué tour à tour coucou houhou et per-
drix mais qui donc t’annoncera désormais l’aube du
jour nouveau ?
Movedi !
Movedi toi le méprisant
tu sais voir la paille dans mon œil mais tu fais peu cas
de la poutre dans le tien
Ah ! si seulement tu ne pouvais t’occuper que de ce qui
te regarde !
Movedi il n’y a pas si longtemps ma pirogue était rem-
plie à ras bord de régimes de bananes ; pouvais-tu y
compter un seul doigt à toi ?
A présent, me voici sur la paille, laissé pour compte.
Quant à toi tu as gagné le gros lot,
riche parmi les riches.
Mais toutefois comme si cela ne te suffisait pas, mon
nom, tu t’empares de mon nom comme d’une
enseigne ! Mais pourquoi donc ?
Ecoute tant soit peu la voix de ta conscience … !

2/ Je m’étonne tant ce qui m’arrive est étonnant ;
Mais Movedi toi le médisant, point besoin que tu t’en
mêles ;
Ah ! Movedi, si seulement tu ne pouvais t’occuper que
de ce qui te regarde !
Certes qui pourrait donc se mesurer à toi sur cette terre ?
Fièrement, fièrement tu marches droit la tête haute.
Mais à y regarder de plus près, qu’est-ce qui te rend si
hardi ? Serais-tu vampire ?
Tel comportement, c’est vrai donne à penser que après
Dieu c’est le vampire
Movedi !
Movedi toi le méprisant
tu sais voir la paille dans mon œil mais tu fais peu cas
de la poutre dans le tien.
Ah ! si seulement tu ne pouvais t’occuper que de ce qui
te regarde !

3/ En somme Movedi, ce que nous avons en commun
toi et moi c’est l’ambition de la réussite qui n’est pas
un legs ; pour y parvenir à chacun sa voie autrement dit
le cœur-conscience.
Movedi, il y a Okolongo ce géant de la forêt avec ses
branches qui ont perdu leurs feuilles ; les oiseaux à
bout de course viennent s’y poser et se reposer. Tu
étais venu là soi-disant de passage, tu as demandé à
manger et on t’a servi à manger ;
Mais comme si cela ne te suffisait pas, tu n’as cessé
de me traîner dans la boue, méprisant.
Je suis Okolongo ; et Ntyenge ta terre c’est ma terre
Fous-toi bien de moi aujourd’hui cependant dis-toi que
demain arrive le grand jour, le jour ʺJʺ dont parle tant
Nkema le singe ; ce jour-là crois-moi, tu te souviendras
et auras recours à Ntyenge la Terre … !
Et Movedi qui ne s’en laisse pas compter de répliquer :
ʺAh ! dis donc ! les mots te manquent, et tu manques
les mots ! voilà tout ! mais moi ? Pas Movedi ! ʺ

Le patronyme « Movedi » découle de la déformation lexicale du français « Mauvais dit ». Le chanteur fustige ici l’attitude de ce personnage malintentionné, guidé par une ambition démesurée d’obtenir le pouvoir et d’amasser la fortune. Parvenu au sommet de la pyramide sociale, Movedi expose ceux-là mêmes qui l’ont aidé à la calomnie et à la médisance. En effet, par jalousie ou par convoitise, il s’évertue à détruire la réputation d’Okolongo, son ancien bienfaiteur et fait preuve de mépris à l’égard de Ntyenge la terre, en détruisant ce qui contribue à l’équilibre naturel. Et malgré les conseils du narrateur, Movedi se complait dans l’ingratitude et l’insolence.

11. Okule Kulee

Refrain :
Okulekule, kulekule, kulekule nwo mama kulekulee
Kulekule, kulekule ku k’awe mama kulekule,
kulekule …

Kulekulee …! Kulee we bi sambo vo we to
Nyo nyo we nyanwuto we awe mame

Kungekungee! kungee! Ndo e kenda g’awe!
E kamba g’awe! edenda g’awe!
E pa dyano! ezelee! K’aw’anka!

Ami te voilà de bien mauvaise humeur.
Pourquoi donc cette mauvaise humeur ?

Toi si sûr de toi :
Ya qu’à te voir marcher,
Ya qu’à t’entendre parler
Ya qu’à te regarder faire !
Unique, tu es unique
We bi sambo vo we to: faux semblant.

Le titre « Okule Kulee » est une composition musicale dans laquelle le parolier s’adresse directement à un « ami » pour dénoncer l’expression inhabituelle de son comportement ostentatoire. En effet, témoin de la manifestation de « la mauvaise humeur » apparente de son compagnon, il ne peut s’empêcher de l’interpeller, car ses paroles, ses gestes et sa posture actuels se trouvent aux antipodes de sa personnalité et de son tempérament réels. D’une certaine manière, le musicien s’indigne contre ceux qui usent de faux semblant ou d’illusions apparentes pour dissimuler la réalité, l’unicité et la vérité.
Thème : vices humains
.

12. Mbéléwélee

1/ Emeno we ! za sandyini n’ebwe
G’apilo mye no go bo,
Mye kenda vo ga piere
Ro dwana veyi, mye n’ezele
Mye dyamiza ni nkele
Emeno z’oma tindi nkele ye tawa
Emeno z’oma tindi nkele ye tawa
Gawo-gawo g’aningo me pwa! Vwe!

Refrain:
Mbelwelee ma dyamiza ni nkele
Ngw’emeno we!
Emen’imena we!
G’azw’awenge w’ameni n’imena we

2/ Ngwe emeno we
My’asandyini n’ebwe
G’apilo mye no go bo!
Mye kenda vo ga piere
Go dwana veyi mye n’ezele
Mye kombiza ni nkele
Emeno z’oma tindi nkele ye tawa
Gawo-gawo ga nker’eramuna! ka!

3/ Ngwe emeno we mye borin’amor’amboga we
Mye ye dyembin’amori
Ntyugu yami Oyembini myè mèndè?

Pont:
Ngwè! Anyambye!
Anyambyè Rera!

4/ Ngwè emeno we!
Meno yi mongi mori kaw’iselel’irevo
Ngwe emeno we!
Siwa g’isami ikure gur’irevo
Ngwe emeno we
Belenge-belenge (x 2)
Ngwe emeno we
Poso ny’irèma mbani yino
Ngwe emèno we!
Nkoro (x 4) nkovoro ya mbyambye
Ngwe emeno we!
Nkoro ya mbyambye

5/ Emeno gawo-gawo
ga nonda ye powa Pwe
Yowe yowe my abomware go ngaba
Intyombo vo sa kero
Ntyombo y’amy o wali mye no mende?
Gawogawo g’okosa we dembia! mbe
Ngwe emeno we!
I deka si nyuma
Orema w’atang’induma
Orem’iwamye g’ipikilia agamba! ah! orem’agezo
Ngwe emeno we!
Emeno akeyi
Imeno yami gi tang’induma
Orem’iwamye g’ipikili’agamba
Ngwe emeno we!
Ogwera nengenenge
Inwombi se simba
Orem’iwamye g’ipikili’agamba
ngwe emeno we!
Ngwe emeno we!
Arondo m’akamba
Orem’iwamy g’ipikili’agamba
Inkwane s’akamba
Owangasango a tuwenkangè
Owendya wo koze
Orem’iwamy g’ipikili’agamba

1/ Tiens voilà que la vie prend la tangente telle une
pirogue de bouée détachée
Mon voyage a commencé loin là-bas et mon che-
min s’arrête à quelques pieds d’ici
Prolonger mon séjour ici encore !
Je dis non !
Je suis la marée
Car la vie de l’homme est comparable à l’eau du
fleuve qui baisse
En tout point semblable à l’eau qui tarit !
La vie tarit !

Refrain :
Eh ! oui ! la vie
La vie est attachement
Surtout pour nous autres habitués aux câlineries
2/ Prolonger mon séjour ici encore !
Je dis non !
Je cours après la marée basse
Car la vie de l’homme est comparable à l’eau du
fleuve qui baisse
En tout point semblable au lit de la rivière en saison
sèche
La vie se dessèche !

Refrain :
Eh ! oui ! la vie
Je porte le deuil de ceux qui précèdent dans
l’au-delà
Mais moi qui chante pour ceux-là
Qui donc chantera pour moi ?

3/ Prolonger mon séjour ici encore !
Je dis non !
Car je suis comme au fil du courant quand l’eau du
fleuve baisse
En tout point semblable au fruit qui s’atrophie parce
que trop mûr
La vie à son déclin est un fruit qui dépérit

Refrain :
Eh ! oui ! la vie
Vivement Ngaba
A chacun son quartier
Mais donc m’accompagnera jusqu’à mon quartier ?
Ou qui voudra bien venir m’y rendre visite ?

4/ Prolonger mon séjour ici encore !
Je dis non !
Je suis la marée
Car la vie de l’homme est comparable à l’eau du
fleuve qui baisse
En tout point semblable à l’amome cannelée avec
sa tige qui se lève pour se courber aussitôt
Comme irrésistiblement attirée par la terre
La vie finit sa course dans la terre

La vie des autres est enchantement
Quant à la mienne une course d’obstacles
Et ce surtout à cause de mes cœurs qui ne
cessent de se contredire
Brinquebalant de-ci de-là
Ma vie tient du conte

Ah ! la vie !
Pendant que mes doigts pincent les cordes de ma harpe,
mon cœur pense aux choses de la vie.

Dans la chanson « Mbeléwélee », le poète mène une réflexion sur la mort en développant des pensées élégiaques sur la fragilité de la vie, avec une musicalité et une profusion de figures d’analogies telles que la personnification ou la comparaison. Et le lyrisme est particulièrement nourri ici par la métaphore filée qui associe la vie à l’eau, symbole de la vanité : « En tout point semblable à l’eau qui tarit ! / La vie tarit ! ». Le musicien voit la vieillesse, assimilée à l’atrophie d’un fruit mûr et au tarissement de la rivière, comme un prélude à la mort. Au-delà des résonnances rythmiques, cette mélodie a une visée didactique, celle d’apprendre les hommes à se libérer de l’angoisse de la mort en sublimant la vie..

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