Catalogue des albums / singles

Obakadences2

Obakadences

Année Titre de l’album 
1972 Ghalo Ghalo
1974 Nkéré
1974 Nandipo
1975 Likwala
1976 Afrika Obota
1976 Ndandaye
1977 Ewawa
1978 Olando
1978 Eseringila
1978 Afrika Salalo
1979 Elowè
1979 Owèndè
1980 Mengo
    – Ndjuke
1981 Isamu y’apili
1982 Awana w’Afrika
1983 Mando
1984 Réveil de l’Afrique
1986 Sarraounia
1986 Piroguier
1986 Ka’ bo
1987 Passé composé
1988 Espoir à Soweto
1989 Quête de la liberté
1990 Silence
1993 Lambarena Bach to Africa
1995 Maladalité
1996 Carrefour Rio
2000 Obakadences
2004 Ekunda-Sah
2005 Mandji 2005
2006 Gorée
2008 Vérités d’Afrique
2010 Mondjo
2010 Mandji Ebwé
2011 Dyawo
2013 Destinée
2016 Libérée la liberté
2017 Gabon, éveil de la conscience patriotique
2018 Gabon libéré
2018 La couleur de l’Afrique

1. E.U.A. Ntyre

Ah ! epare epare ntyal’inongo
Ntyire yi ntye y’Afrika
Le salut c’est U.A.
Salut E.U.A
Salut de l’Afrique seul, seul salut de l’Afrique
Le salut de l’Afrique est dans la solidarité, dans son unité.

« E.U.A » est un acronyme qui signifie « Etats Unis d’Afrique ». En écrivant cette chanson, l’artiste traduit ici l’une des préoccupations qui hantent son œuvre musicale : l’unification et le développement du continent africain. Il laisse entendre que « le salut de l’Afrique » ne viendra que de son « unité », non pas celle issue de la simple coopération entre pays indépendants, mais plutôt celle découlant de l’intégration réelle voire de la fusion organique de ses Etats. Face à la misère, aux meurtrissures et aux atrocités que subit la Terre Mère, le chanteur oppose en définitive l’aspiration à la liberté et le rêve d’une Afrique solidaire, unie et épanouie.

2. Lambaiya

I. Imaginez LAMBAIYA
Lambaiya, Lambaiya
Tout au bord de l’Ogooué,
Juste au creux de l’Ogooué.
J’étais allé avec ma mère,
Tout là-bas voir son frère,
Revoir son petit frère
Qui revenait de la guerre,
La guerre d’Indochine,
Une guerre sans haine,
C’est-à-dire la guerre des autres ;
En revenant de la guerre,
Il ramena une guitare.
Ce rescapé de la guerre
Nous compta la paix des braves.
Nous chanta l’Afrique des livres :
L’Afrique n’est pas pauvre,
Elle n’est pas démunie,
Juste désunie,
Juste ça !
Lamba oh ! Lamba oh ! Lamba oh !

II. Wo ! Lambaiya ! Lambaiya ! Lambaiya !
Tout au bord de l’Ogooué,
Juste au creux de l’Ogooué,
Ntyugu me yo à marée basse,
C’est-à-dire Nkele ye tawa
Mye ni mama zw’adyamiza n’Avanga,
Ombalo riganu go débarcadère
Ni guitar’iye, nu vuande yi Lambaiya ;
Ndo avangapa pungano nyilo,
Ge be tewe télégramma :
Ombalo ! Ombalo !
Kaw’om’ agendi dyao… !
Ombalw’amye, aleno go Lambaiya
Nos morts ne sont pas morts !
Fidèle, oncle Fidèle
M’a légué sa guitare
Juste ça
Lamba oh ! Lamba oh ! Lamba oh !
Tout au bord de l’Ogooué,
Juste au creux de l’Ogooué.

« Lambaiya » est le doux nom donné à la ville de Lambaréné où vécut le célèbre docteur Albert Schweitzer, dans la province du Moyen-Ogooué. Cette chanson à caractère autobiographique est dédiée à l’oncle maternel du chanteur, Fidèle Edembe, un ancien combattant de la guerre d’Indochine. La présente séquence revient sur les visites de l’artiste, en compagnie de sa mère, chez cet oncle lettré de qui il recevra en héritage une guitare ramenée d’Indochine. A l’aide de cet instrument de musique, le vétéran enseignait l’histoire du continent africain, celle d’une Afrique très prospère par ses populations et ses cultures. Et le texte s’achève sur un regret de la désunion du continent et un espoir de l’avènement de son Unité, car « L’Afrique n’est pauvre, elle est démunie, juste désunie juste ça ! ».

3. Benibeni

En cours de traitement…

En cours de traitement…

« Ibenibeni » est un arbuste à feuillage dense, de la taille d’un manguier et produisant des fruits semblables à des dattes. Dans cette mélodie, cet arbre exotique – symbolisant l’environnement familier du chanteur – apparaît à la fois sous les traits d’un objet totémique et d’un espace socio-mythique qui permet au musicien de connaître le bonheur et l’équilibre et surtout de construire son identité. Sur un air faussement lancinant mais captivant, le chanteur célèbre le lien mythique et organique qu’il entretient avec cet arbre sacré au pied duquel il est né, à l’ombre duquel il se repose et dont il se nourrit de fruits. Et à force d’observer et de côtoyer l’arbre il finit par en constituer l’une des branches. En somme, cette mélodie évoque la rupture brutale la nostalgie, d’un bonheur à jamais perdu (lien affectif, spirituel et social) au point que le chanteur se sent perdu, livré à lui-même.

4. Wuliewulie

Mpóngó awulio wè
Mami ye !
A ! A ! A ! Awè nè anka, aguga
Wulie wulie

Mpóngó awulio wè mama
Mama ekamba edena
Ayè nè anka, aróndo
Wulie wulie
Mama !
Oma are ni sik’iyè
Bo, ge kolo ayano
Awè kolignè gni nkolaga
Ndo ! ouwó ! …
Ndo iyano go sika
Epa myo g’ilombo
Ntchin’azizo
Esizo n’orèndó
Ndo ouwó ! …
Mama, wulie wulie

Mpóngó awulio wè tata
Tata ekamba esówa
A ! nka y’anto arevo
Wulie wulie
Awè nè emènó edèngino, edèngino go nka rerè
Ndo tati ye, o ! tati ye !
Ndo ouwó ! …
Omwana go nka yi tata agambe g’igal’inkala
Omwana go nka yi tata ekamba ka go ntulungu
Ndo ouwó !
Tata wulie wulie

Ranyambyè baru g’osènge
Ni nkonde yè Ngwavaza
Mbolo mbani, omwana fó
Ndo, wumbia Ngwavaza a be pundigo igneme
Igneme gni mbolo
Omwana kè bómbólógó
Ndo omwana wi ngani w’Agano
E poma n’ompunga
Apung’intchantchè
A te seva gi kwirina
Ombóma nè yewo yewo yewo
Ombóma ayè wó ebe migignaga
Vó yè abe mèn’omwana
Mbua ayè pwe !
Mbua n’ombóma, ikolongo mbani
Igówi mbie mbie mbie
Ombóma ke dyóza
Mbua ni ntchina takala
Bo gere NGWAVAZA
NGWAVAZA nè :
« Oyayooo ! Omwan’iwazo w’ikika
Omwan’iwazo wi mbolo mbani
NKOGNAMBYE ye ! Mbua adyoni yè ! »
A a a a Ranyambyè !
Waza ndjali ;
Nèngè nèngè : DO !
Mbua ? – Buè
Ropogagnoreni go gwirina
Olanga w’omwana
Gènde poneni
Omwan’are zalaga ! Ombóma re djóza !
Ndo mbua aduwi
Mbua aduwi
Ndjuni mbua !
Ndjuni mbua !
A ! nka y’anto arevo …
Wulie wulie

Ce que tu avais dit
Ma chère maman !
Tu as dit que seule, la solitude est misère
Tu l’as si bien dit, tu l’as si bien dit
Ce que tu avais si bien dit, maman
Maman pleure en parlant
Elle dit que quand on est seul, on ne saurait être aimé
Tu l’as si bien dit, tu l’as si bien dit
Maman !
Si tu as ton argent
Tu te rends au marché des parentés
Et voilà que tu t’achètes une parenté
Ndo ! ou wo !
Mais la parenté dans l’argent
On ne la reconnaît guère dans le monde de l’au-delà
On ne saurait effacer le lien de sang
Comme on le ferait d’une écriture
Maman, tu l’as si bien dit, tu l’as si bien dit

Ce que tu avais si bien dit, papa
Papa parle avec une pointe d’amertume dans la voix
Ah ! Le village où il n’y a que des femmes …
Tu l’as si bien dit, tu l’as si bien dit, père !
En outre, tu affirmes que la vie se trouve au village du père
Mais père oh ! Mon père !
Mais, mais …
L’enfant au village de son père, ne saurait prendre la parade dans la grande cour
L’enfant au village de son père, ne parle qu’en aparté
Mais, mais …
Père, la contradiction n’est-elle qu’apparente ?

RANYAMBIE se tient assis au cœur de la cité,
et avec lui sa nkonde ou reine NGWAVAZA :
deux vieillards sans enfants
Voilà comme par enchantement NGWAVAZA enceinte
la naissance de l’enfant survient peu après
Un enfant de l’univers AGANO
Cet univers qui ne connaît pas notre durée, notre temps
L’enfant grandit bien vite comme poussé par le vent,
il fait bientôt ses premiers pas
et se rend tout de préférence derrière les cases d’habitations, son aire favorite de jeu.
En le voyant, le python se met à saliver
Le python s’avance pour avaler l’enfant, il en est tout proche
Le chien bondit,
s’ensuit une lutte acharnée, corps à corps, entre chien et python
Le chien perd le dessus
Maculé de sang, il se rend hardiment auprès de NGWAVAZA sa maîtresse
A la vue des tâches de sang, NGWAVAZA s’écrie :
« Notre enfant, notre unique enfant Ô RANYAMBIE !
notre unique enfant, ton chien l’a tué ! ».
Instantanément sans réfléchir RAGNAMBYE se saisit d’un fusil,
vise et le coup part,
le chien tombe
La détonation fait peur à l’enfant qui pousse un cri strident
L’on se précipite derrière la case :
l’enfant est debout sain et sauf ; le python git sans vie
Mais hélas le chien est mort, déjà mort,
une mort de chien, de chien
Ah ! Le village où il n’y a que des femmes …
Ah ! Ce que père disait…

« Wuliewulie » reprend le mythe du double chez la femme, capable de donner la vie et la mort. Dans ce récit allégorique, un couple de vieillards – le dieu RANYAMBIE et la reine NGWAVAZA – eut un fils issu de l’univers intemporel AGANO. Un jour, alors qu’un python s’apprêtait à dévorer l’enfant qui jouait derrière la case, le chien attaqua mortellement le reptile. « Maculé de sang », le canin vint chercher du réconfort auprès de sa maîtresse. La reine, convaincue que le chien avait tué leur « unique fils », alerta son époux. Cédant à l’émotion de sa femme, le mari exécuta le chien. Lorsque l’enfant poussa un cri après la détonation, on découvrit un python mort. RANYAMBIE, rongé par la culpabilité et le regret, prit conscience de la nécessité de ne jamais prendre des décisions et réagir sous le coup de l’émotion (« A yôgo s’anto », ne pas céder aux émotions féminines).

5. Bonne Modernité

Elle naquit par hasard
A l’aube du siècle dernier
Sa taille aussi frêle que l’intestin grêle
La touffe de ses cheveux s’ouvrait en parapluie
Dieu !
Qu’elle était belle, belle à nulle autre pareille !
Et elle se balançait
Et elle se dandinait :
Et alors ?
Très vite elle tomba enceinte
Toute la contrée la vit enceinte
La délivrance arriva
Les hommes poings levés au ciel
Les femmes secouant leurs mamelles, leurs seins nus
Case consacrée : plantes vertes, parfums, feu sacré
Case interdite
Interdite aux sorciers et au père de l’enfant ;
C’est alors qu’un caïman,
Chose étrange mais ancestrale,
C’est alors qu’un caïman vint prendre place
Dessous le lit
Veiller sur le nouveau-né :
Et matin on chantait, et soir on dansait,
Galo galo, galo galo zwé kaluwn’inkène galo.
Le sevrage vint ; couché à même le sol
Sur le pas de la porte
Le nouveau-né !
Pleure pleure ô nouveau-né ! mère s’en est allée
Dans la forêt d’à côté casser du bois.
Pleure pleure ô nouveau-né ! mère s’en est allée
A la rivière d’à côté puiser de l’eau.
Elle ne revint pas, on ne la revit pas …
Et alors ?
On chassa le caïman, on chassa le caïman.

Elle revint par hasard
Revenant du siècle dernier
Sa taille dans deux brasses d’une très belle étoffe ;
Un pagne rouge autour de sa poitrine ;
Sur ses épaules du rafia, du taffetas ;
Cheveux joliment nattés,
Et silipati
Et diguida !
Alors, O tout nu dans la case de passage,
O nu, la déshabilla pour la rhabiller en bonne modernité
D’abord une queue de cheval, elle qui n’avait jamais vu de cheval !
Ensuite une robe droite blafarde sur sa peau d’ébène !
Un collier de plume d’ibis terminé par une croix en os d’ibis
Des talons aiguilles.
Alors ?
Le côlon lui faisait mal, très mal le côlon !
Enyonga iye, enyonga iye, enyonga iye
Enfin le temps passa vaille que vaille,
Espace numérisé.
Bonne-Modernité cliqua sur son ordinateur
WWW.TTA.rubrique:
Chose étrange mais ancestrale
Alors ?
Tout sur l’histoire de la traite nègrière, et avec la traite nègrière
Un site entrepôt d’animaux
tropicaux domestiqués :
Le caïman dans un zoo ! le caïman !
Sa longévité avait doublé et pour cause :
Manger sans savoir ce qu’il y a dans
son assiette ;
paraît-il légumes frais
mais il n’y pas de date
Des trucs sous cellophanes
Du tout prêt, du tout cuit, la cuisine moderne en somme,
transgénique.
Effets indésirables cependant :
Petite diarrhée, petite obésité, petit diabète, petits ennuis cardio-
vasculaires, petites erreurs de diagnostics, petit, petit, petit …
c’est pas grave selon mon docteur, docteur Tatonard
Alors ?
Alors sanglots de femme, hantée par gémissements de frères en
esclavage !
Emotions et douleurs de femmes !
Bonne Modernité a pris tout juste son passeport
dans son sac à main !
Emotions et douleurs de femmes,
Bonne Modernité s’en est allée sur les traces de l’esclavage sur la
route de l’esclavage sans chaîne et sans salaire.
Handicap international lui dit : attention danger de mines !
Là où il y a clé de la liberté, il y a danger de mines !
Mais on ne sait pas trop quand ça va exploser ! attention, attention,
ça va exploser … !
Alors ?
Emotions et douleurs de femmes,
Bonne Modernité s’en est allée tout là-haut au sommet de l’O.N.U ;
Elle se mit à crier, se mit à chanter :
Déminer la femme, déminer la terre, déminer la planète,
déminer le monde
A mesure qu’elle chantait,
les femmes chantaient avec elle !
Et plus elle chantait, plus les hommes
battaient des mains comme ça !
Déminer la femme, déminer l’enfance,
Déminer l’Afrique, déminer les routes
déminer les champs, les frontières
etc …

« Bonne Modernité » apparaît comme un conte adapté au contexte du monde moderne où réalisme et surnaturel se mêlent de manière équilibrée. L’héroïne à la beauté sublime est conduite dans un périple allant de « l’aube du siècle dernier » avec ses coutumes ancestrales qui font de tous les êtres de l’Univers des parents par la force de « Ngulu », jusqu’au monde moderne. Bonne Modernité est alors toute stupéfaite par la nouvelle organisation du monde centrée sur une marchandisation généralisée de la nature, des corps et des esprits (l’esclavage par exemple) et sur la mondialisation avec ses incertitudes et ses mutations telles que la nourriture transgénique. C’est ainsi que Bonne Modernité retrouve le Caïman son frère (par le biais de la révolution numérique) maintenu en esclavage dans zoo et elle décide d’aller le libérer. Et tout au long de son parcours, elle découvre les spécificités de l’époque moderne. Aussi, Bonne Modernité se met-elle à dénoncer devant la tribune de l’ONU la violence et la barbarie issues de cette idéologie.

6. Confidentiel ô Très Haut

1. Nkala ni mbolo no mye
Ogoni w’anime, w’anime
Azingo tye my’ avoro mo, pila g’ike kawo na mye kawo de
Refrain :
Confidentiel Ô très-haut
A toi la branche de salut
Bon Dieu là-haut, bon dieu là-haut !

2. Nungunogo nu nungunogo
Ga kenda na nyo inwana zo !
Okulu g’ompele osam’ombe okote osam’ombembe

3. A l’entrée de notre ville
Ils sont là les rebelles
Ils ont perdu l’adresse de Dieu
Ils s’en rebellent

Dieu ! Dieu aie pitié, Dieu aie pitié, Bon Dieu !

4. Ntyugu yino nwontye
Aye n’oma g’omedu ga vindye
Om omiye re go pange ndwani ya kwekwe yi ntye
5. Leur chef était boussolier de la TRANSAFRICAINE CAP-ALGER
Il a perdu la boussole, quand le gouvernement a fermé le chantier

6. Les armes langue de bois
Car par le bois
Par le pétrole
Par le diamant et l’or
Tuent, tuent, par le bruit des armes
Des armes, des armes, des armes partout des armes
Et notre argent s’enfuit
S’enfouit loin du bruit
Qui tue par les armes

7. Igamba fo gni kalwa
Vo zw’atomi gante tomo
Owende, ewawa kawo vovo
Go tye ate dwano nyanginyié

8. Parmi eux de tout-petits
Bien plus petits que leurs fusils
Les casques bleus sont noirs,
Les diamants de la guerre sont rouges sang

9. Les mines souillent la terre
Car minent la terre
Minent les champs
Tuent, tuent par la haine
Des mines, des mines, des mines partout des mines
Et notre avenir s’enfuit
S’enfuit loin de la haine
Qui tue par les mines, qui tue par les mines.

10. Pitié, pitié, pitié Bon dieu
Pitié pour les innocents
Pour la veuve, l’orphelin
Pour la femme violée
Pitié pour les mutilés
Pitié, pitié Bon dieu

Dieu ! Dieu aie pitié Bon dieu

« Confidentiel Ô Très Haut » est une invocation à la clémence divine où des strophes en français et en myènè s’alternent dans un savant équilibre. Cet appel à Dieu illustre le désir de rétablir les valeurs religieuses au cœur de la cité. Et cette démarche passe par la condamnation d’actes délictueux et inhumains commis par les dirigeants : pillage des ressources naturelles, exploitation des masses laborieuses, déclenchement des guerres civiles – entraînant des dégâts moraux et des pertes humaines considérables. Aussi, pour libérer l’Homme du mal et ré-humaniser le monde, le chanteur implore-t-il la miséricorde de Dieu – unique « Branche de salut ».

7. Afrika Idod’Iningo

En cours de traitement …

Afrika ! une goutte d’eau !
Afrika ! rien qu’une goutte d’eau !
Oui, une goutte d’eau après l’autre,
C’est bien cela qui alimente en eau
les toutes petites rivières
Pauvre goutte d’eau, aux autres eaux mêlées
Non identifiée et non rémunérée – cadeau
Or dans la vie point de cadeau !
Pauvre goutte d’eau … !

Afrika ! une goutte d’eau !
Afrika ! rien qu’une goutte d’eau !
Oui, ce sont bien les petites rivières
qui alimentent en eau les grands fleuves
Pauvres petites rivières aux autres eaux mêlées
Non identifiées et non rémunérées – cadeau
Or dans la vie point de cadeau Pauvres petites rivières

Ghe ghe ghe ghe

Afrika ! une goutte d’eau !
Afrika ! rien qu’une goutte d’eau… !
Oui, ce sont bien nos rivières d’ici
qui alimentent en eau les grands fleuves de plus loin
Nos pauvres rivières aux eaux de là-bas mêlées,
Or dans la vie point de cadeau !
Et nos pauvres rivières alors ?

Ghe ghe ghe ghe

Il y en a qui aiment se détester,
En niant leur identité,
Pour mieux se faire accepter,
Où Dieu a choisi d’habiter
Normal et anormal
T’as trouvé seul l’anormal
Et tu trouveras anormal
Quiconque te trouve par toi normal.

Ghe ghe ghe ghe

La chanson « Afrika Idod’iningo » vise à sensibiliser l’auditoire sur les problèmes de pauvreté de l’Afrique, essentiellement liés à l’impérialisme et à la mondialisation. Le chanteur explore en effet les relations entre le continent africain et le reste du monde sous le prisme de l’exploitation voire du pillage de ses ressources humaines, hydriques, entre autres, par les grandes puissances. L’Afrique qui représente « une goutte d’eau » à l’échelle mondiale est très convoitée par les Etats occidentaux dont l’intérêt pour les ressources naturelles africaines ne cesse de croître, alors que selon un proverbe africain ce sont « les petites rivières » (l’Afrique) qui alimentent « les grands fleuves » (l’Europe). Cette convoitise grandissante entraîne le tarissement de ses richesses et génère l’appauvrissement du continent.

8. Nzambe

Nzamb’iye !
S’orèma ntche
Ser’amèmo
Awè awè re ka ngea, Nzamb’iye !
Nzamb’iye !
Kókóló iye !
Izó g’izó
Fem’iga aze n’oluani, Nzamb’iye !
Gneza myè wouo !
Ombe n’omyè, Nzamb’iye ! Nzamb’iye !

Nzamb’iye !
Gnóngó nonga, Nzamb’iye !
My’aluwo my pa mya
Epanga yenó n’omwango, Nzamb’iye !
Mwanga !
Gnóngó ya mbani, Nzamb’iye !
Myè aremizo, Nzamb’iye !
Setani, avono amenge, Nzamb’iye !
Gneza myè wuo !
Ombe n’omyè, Nzamb’iye ! Nzamb’iye !
Nzamb’iye ! Ngóngóló dye ! …
Nzambe wo, ngóngóló o o o

Nzamb’iye !
Gnóngó yo !
Ovavando gere zwè awanaga mèngó Nzamb’iye !
Rige bende
Gnóngó móri myè alewani
Dombina ebya n’amenge Nzamb’iye !
Gneza myè wuo!
Ombe no myè, Nzamb’iye ! Nzamb’iye !
Nzamb’iye ! Ngóngóló dye ! …
Nzambe wo, ngóngóló o o o !

Nzamb’iye !
Aw’aluane myè we Nzamb’iye !
Myè aluane wè ngwe we Nzamb’iye !
Gavó orèm’iwami n’iwó Nzamb’iye !
Ndo myè no myè wouo !
Awè no wè Nzamb’iye ! Nzamb’iye !
Nzamb’iye ! Ngóngóló dye ! …
Nzambe wo, ngóngóló o o o

Vó zw’ateni go ntchóni y’ekuru n’ombena
Nzambe rerè no wè
Myè n’ogwan’iwó mè
Rerè osukèsukè no wè
Myè n’omwani wó mè
Nzamb’iye ! Ngóngóló dye ! …
Nzambe wo, ngóngóló o o o …

Ô Dieu !
Ce qui est au tréfonds de son être
Ce qu’on n’ose pas avouer
Rien
Non rien ne peut se soustraire à ta vigilance

Mon dieu pardon !
Je te demande pardon
Moi qui suis issu de toi, donc partie de toi
Tu sais combien il est habituel de se tromper
dans une forêt même si elle vous est coutumière
Pardonne-moi ! Le vilain, le coupable, c’est moi.

Ô Dieu !
La toute première fois que j’ai succombé
Je n’avais pas encore la connaissance
Et ça c’est le propre de l’enfance

Ô Dieu !
La deuxième fois c’est autrui qui m’a induit en erreur
Satan use de bien de ruses dans la chute de l’âme
Pardonne-moi ! le vilain, le coupable, c’est bien moi
Pardon, pardon, pardon Mon Dieu !

Ô Dieu !
Une autrefois
Et je le reconnais humblement,
C’est la vanité !
Vanité des vanités … !
Tu sais combien la vanité chez l’homme est chose courante

Ô mon Dieu !
Ne te fâche pas
L’autre fois que j’ai failli c’est l’oubli
Oui l’oubli tout simplement
L’oubli un des signes précurseurs de la vieillesse
Pardon, pardon, pardon Mon Dieu

Mon Dieu !
Au fait tu aurais été moi
Moi, j’aurais été Toi
De la sorte mon cœur aurait été le tien
Mais trêve de spéculation !
Moi ce n’est que moi, toi c’est tout Toi
Pardon, pardon, pardonne-moi
Une honte partagée :
Celle qui unit jadis le hibou hideux
Et le chasseur émérite.

Cette chanson est un dialogue imaginaire entre le chanteur et Dieu. L’échange badin porte sur l’aveu de culpabilité de l’homme face à ses fautes durant toute sa vie. Ainsi, le chanteur confesse que si son premier péché est imputable à l’ignorance propre à l’enfance, la deuxième fois il a cédé à la tentation de Satan. Les fois suivantes, il a été aveuglé par la vanité humaine et, dans la vieillesse, l’oubli l’a de nouveau fait succomber. Aussi, tout en demandant à Dieu de reconnaître sa responsabilité face à la nature pécheresse de l’homme, il se reconnaît pêcheur et implore Sa divine miséricorde. Il rappelle à Dieu que quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il n’a de Père que lui.

9. Bimbia Re Deg’Oma Penda

Avile kenda mene mbe yo
W’aronde kenda my’amieni mbe yo
Ewilo nkende ze dyandyo n’oma
Mongimori we dyandya n’egombe
M’ayile m’ayendye oma g‘itembo
Okulu wi mbuza w’akalw’olonga
Iwumu ezewe ezewe
Orema dyange : – Intayisarende !
My’afinya g’okala ezonge
Ndo mbindenmbinde afunda m’akoro
– « Amungwe sani ? my’atwan’ikembe ?
Aye n’orema w’aze nyene g’inkembe
Mene y’awendya
Kawo my’adyon’awe nkove
Aye ne lubwa mye pa !
Avile kenda (ter)

Avile kenda mene mbe yo
Aronde kenda my’amieni mbe yo
Wino oruge w’akalwo n’oma
Mongimori we dyandya go nyamba
Enomo z’adyoli anka g’osole
Inkova g’ompombo,
Ambowi voviye !
Orema dyange : Intyaisarende !
Nkombe tingi my’abonge
Ikutu ny’ate g’ameza !
– Amungwe sani ? my’atwan’intondo ?
Aye n’orema w’aze nyene g’intondo
Mene my’adulin’awe Etombidyoro
Aye ne Rana!
Avile kenda (ter)

Vengere do !
Ger’oneme we pamba
N’oneme we tara
N’oneme w’iwombia
Mye my’arondi wo
N’iwo mbia!

Avile kenda mene mbe yo
W’aronde kenda my’amieni mbe yo
Okitotape we dyandyo n’omo
Tape my be deng’igolo nyi nagondenke
Yeno ogolo wo we re to dyara go ntye
W’ate kenda kawo kumbopa g’owanda
Gambe omanda mye gi pupa we
ompunga n’opeka
A gombizaga intyini n’ogandyo
Ngele via via
Ewilo via – via- via
We bele kenda go nagonyango ?
– Ezele ! wala -wala-wala-wala
Wala vovo my kenda go mbori yo
Kokolo my sum’awe ampuva !
Avile kendare (ter)

Mye re we to dyarege ati mi ngozo
Mye be tara mye orunda wi ngowa
Manga ntyivo , omboma, okendya
Iteka, ikera ipenga
My pa diri’ ogoli g’ézo
Go tule nyembwe ni kima
Kile farinya
Per’aningo dyovune pele, siti, sini,
Kila, pang’ odo ..
Avile kenda (Ter)

Wondare do
Rome mena ni ndyongoni
Oma a mena ni nkuane
Mene nkuane e finya g’iga

Avile kenda mene mbe yo
Waronde kenda my’amieni mbe yo
Mye re we to dwane fier malade ga duamangele
Mye re we to felege
Ozimyazimya g’itutu
Ombeni via – via- via
Gamge ogwera
Awe g’odo mye g’etava
Pupag’awe imbo, dyembinag’awe
Ine ke lielielie
Mye re we to dwanege
Ndygeraga ga wene mbwa
Y’adenge pa!
Ndo Intyaîsarende
Bimbia re deg’oma penda
Yage menere my imbina
Kokolo
Dula my’idyuwe Obalengwe
Bimbia re deg‘oma penda.

Non ne t’en vas pas, pas encore! Ravale ta colère!
D’ailleurs, inutile de partir, je sais pourquoi tu es
en colère ! ma très chère et tendre enfant !
Ah quel sale boulot qu’est le mien! Les autres travaillent
à tempérament quand ils le veulent bien; mais moi, de
jour comme de nuit je vogue seul deci delà le long des affluents
du fleuve, le cordage du filet constamment enroulé à mon poignet
tel un bracelet le ventre creux.
Puis soudain mon cœur s’enflamme – une belle et douce
pensée : INTSAYISARENDE !
Je regagne tout aussitôt le village pour la retrouver ; mais
une mauvaise surprise m’attend: elle est en courroux, tandis que
je réalise que ses baluchons sont déjà rangés, prêts pour le départ.
– Qu’y a t-il donc, ô très chère? ma pêche a été très bonne,
et tu vas être très contente: j’ai pêché du machoiron rien que pour toi !
– Mon cœur n’aime plus le machoiron !
– Bon ! bon ! ça va ! tu as raison ! demain coûte que coûte
je pêcherai pour toi la bonne carpe, de la très bonne.
– Fous-moi la paix, réagit-elle avec mépris.
– Ne t’en vas pas ! ne t’en vas pas encore ! ne t’en vas pas !

Non ne t’en vas pas, pas encore! ravale ta colère!
D’ailleurs, inutile de partir, je sais pourquoi tu es
en colère ! , ma très chère et tendre enfant !
Ah ! quelle corvée qu’est la mienne un esclavage! les
autres, c’est l’entraide.
Voici venue la saison sèche avec ses travaux champêtres et je travaille
seul dans ma concession : avec ces tiques dans les narines,
et ces fourmis, et ces ampoules dans les mains, sans oublier ce
petit oiseau chanteur de mauvais augure, mes cheveux se hérissent.
Puis soudain le cœur s’enflamme – une belle et douce
pensée : INTIAYISARENDE !
Le soleil à son déclin, je regagne en toute hâte le village pour la retrouver.
Décidément, eIle joue à me faire peur; car voilà que sa
corbeille ronde à couvercle renfermant ses effets personnels, son
linge, est sortie et retrouve à l’auvent de notre case, prête pour le départ.
– Qu’ y a t-il donc ô très chère ? tiens ! j’ai cueilli pour toi
au passage des amomes.
– Mon cœur n’aime plus les amomes !
– Bon ! bon ! ça va tu as raison ! demain coûte que coûte je cueillerai pour toi
les feuilles de la plante qui combat la fièvre.
je pêcherai rie
– Fou ! puisses-tu devenir Fou, maudit-elle !
– Ne t’en vas pas ! ne t’en vas pas encore ! ne t’en vas pas !
attends, attends un peu, écoutes : il y a la langue-diarrhée, il y a la langue-constipation,
il y a la langue-vipère ; moi, moi j’ai aimé la tienne – bonne ou vipère.

La nuit venue, toi sur le lit couchée, et moi assis sur
la natte à même le sol faisant la chasse aux moustiques pour
t’épargner leurs piqûres, chantant pour te bercer; et puis au
beau milieu de la nuit, je me maîtriserai, non je ne tremblerai
plus, je ne saliverai plus comme le chien devant un os. Oui bien sûr,
bien sûr! deux calebasses attachées au-dessus d’une claie ne finissent-
elles pas par se frôler, se toucher, se frotter?
Mais INTIAYISARENDE, INTIAYISARENDE respecter l’autre n’est
pas entrave à ton pouvoir, ton pouvoir !
INTIAYISARENDE, petite INTIAYISARENDE, petite et tendre enfant
viens s’il te plait viens me chercher les poux, viens m’ôter quelques cheveux blancs !
INTIAYISARENDE, ma très chère et tendre enfant respecter
l’autre n’est pas entrave à ton pouvoir, à ton pouvoir!
INTIAYISARENDE ma femme, ma femme à moi (éclats de rires espoir ?).

« Bimbia re deg’oma Penda » (en langue myènè, tant de marques n’entrave pas ta valeur) fonctionne comme une supplique dans laquelle un homme vaillant et dévoué chante son amour immodéré pour sa « très chère et tendre » INTIAYISARENDE. Le musicien met ainsi en exergue les excès et les dangers de l’inclinaison amoureuse à travers la tension entre le romantisme passionnel, la tristesse de l’amant et la « colère » de la femme aimée. Et les rapports complexes qui unissent le narrateur à cette femme plutôt capricieuse et égoïste constituent à la fois une source d’énergies et d’actions positives et un moteur de la déchéance et du désœuvrement de l’amant. Car cette passion limite la liberté humaine, annihile la raison et pervertit la relation à l’autre qui peut être réduit à l’état d’esclavage.

10. Viyo : Ténèbres

La chanson « Viyo » s’inspire des rites initiatiques traditionnels. Afin d’invoquer le monde des ténèbres, des voix féminines très aiguës et envoutantes répètent sans discontinuer, sur un rythme effréné, le terme « Viyo » durant les 2/3 de temps consacrés à la mélodie. Et le symbolisme de l’entrée dans la nuit obscure suppose que l’initié, après avoir réussi un certain nombre d’épreuves, entre désormais en communion avec l’Être de l’au-delà. A l’issue de cette quête initiatique, l’adepte peut enfin accéder à la connaissance et au savoir ésotérique : il peut entre autres détenir le pouvoir de solliciter une guérison, de conjurer ou de jeter un sort.

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